Découvrez l'association La Valise
L’association La Valise place l’accueil, l’écoute et le dialogue au centre de l’accompagnement, et laisse les personnes accompagnées être les expertes de leur vécu.

L'association
Les violences sexuelles, sexistes et intimes constituent un phénomène social de très grande ampleur. La création de l’association s’inscrit dans un certain contexte, marqué notamment par le mouvement féministe #MeToo qui a permis à des millions de personnes de prendre la parole sur les violences sexuelles qu’elles avaient subies. Ce mouvement a montré à quel point ces violences sont plus courantes que ce qui est souvent supposé, et qu’elles s’inscrivent dans leur grande majorité dans la vie ordinaire.
Pour exemple et rien qu’en France :
- Toutes les 2min30 une femme adulte est victime de viol, tentative de viol et/ou agression sexuelle. Toutes les 3 minutes un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle.
- 312 000 femmes sont victimes de violences physiques, sexuelles et/ou psychologiques commises par leur conjoint ou ex-conjoint chaque année.
- Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent leurs agresseurs.
- Dans 97% des cas les auteurs sont des hommes.
- 1 femme sur 6 fait son entrée dans la sexualité par un rapport non consenti et non désiré.
- 80% des femmes en situation de handicap subissent des violences psychologiques et physiques, et qu’elles courent un risque plus élevé que les autres de subir des violences sexuelles.
- 85% des personnes transgenres ont déjà subi un acte transphobe.
Ces chiffres, en plus d’évoquer des souffrances profondes, montrent à quel point les violences sexuelles, sexistes et intimes nous concernent toutes et tous : que ce soit en tant que victime, auteur·e, témoins ou proches. Les auteurs de violences, majoritairement des hommes adultes, ne sont pas des « monstres » marginalisés, il s’agit de nos conjoints, partenaires, parents, amis, collègues ou professeurs. Les victimes, majoritairement des enfants, des femmes et des minorités de genre, sont également nos conjointes, parentes, voisines, collègues, filles et fils.
A la diversité des situations de violences s’ajoute la diversité des attentes de réparation des personnes concernées. Toutes les victimes de violences sexuelles ne souhaitent pas entamer une procédure pénale : en moyenne, seules 10% d’entre elles portent plainte. Qu’elles décident ou non de porter plainte après avoir subi des violences, certaines personnes peuvent chercher un espace d’écoute inconditionnelle, avec la garantie d’être crues, un espace de dialogue avec l’auteur·e ou leurs proches.
C’est en considérant les attentes des différentes personnes concernées par les violences sexuelles, sexistes et intimes que l’association La Valise a choisi de mettre en place un service de justice réparatrice. Les accompagnements proposés constituent ainsi une option supplémentaire parmi celles déjà existantes, afin d’améliorer le sentiment de justice au sein de la société.
Les accompagnements proposés constituent une option supplémentaire parmi celles déjà existantes, afin d’améliorer le sentiment de justice au sein de la société.
Nos moyens d’action
Les activités de l’association La Valise se compose de trois axes principaux :
Accompagnement
L’association accueille toute personne concernée par des violences sexuelles, sexistes et intimes, et propose des accompagnements en justice réparatrice réalisés par des médiateurs et médiatrices spécialisé·es, à Toulouse ou en distanciel.
Plaidoyer
Consciente de l’aspect innovant de la proposition, l’association sensibilise le public en mettant en place des campagnes de communication et défend sa démarche auprès des institutions et des partenaires.
Recherche
Dans une optique d’amélioration constante et de développement, l’association favorise la rencontre et les discussions entre praticien·nes et chercheur·euses universitaires, à l’échelle nationale et internationale.
Notre méthode d'accompagnement
Notre méthode d’accompagnement repose sur l’approche dite « relationnelle », qui est adoptée au Québec depuis plus de 20 ans dans le réseau d’organismes Equijustice, et plus récemment utilisée en France. Elle a été élaborée par les criminologues Serge Charbonneau et Catherine Rossi, et est présentée dans leur ouvrage La médiation relationnelle, paru en 2020. Cette approche est le fruit d’une longue pratique et de nombreuses recherches universitaires.
La spécificité de l’approche relationnelle est qu’elle met au centre la sécurité des personnes participantes, ce qui lui permet d’être adaptée aux crimes les plus graves comme les violences sexuelles. L’accompagnement est avant tout composé d’entretiens individuels, qui reposent sur une écoute attentive. Les médiateurs et médiatrices spécialisé·es adoptent une posture d’accueil inconditionnel dans un cadre clair et précisé, ce qui laisse la personne accompagnée être l’unique experte de son vécu tout en tant soutenue dans sa démarche. Les personnes concernées par les violences nomment elles-mêmes les torts, et identifient leurs attentes de réparation ainsi que la manière d’y répondre. La rencontre et le face-à-face physique ne sont jamais imposés entre les deux parties et les échanges peuvent prendre différentes formes (en personne, par écrit, par téléphone, par visioconférence…). Le processus ne vise en aucun cas à rétablir un lien entre les deux parties ou à les réconcilier si ce n’est pas ce qui est souhaité par les personnes accompagnées.
Notre méthode d’accompagnement se distingue à la fois d’une procédure judiciaire (qui vise à établir la culpabilité d’un individu) et à la fois d’un travail thérapeutique (qui consiste à apporter un soin à la personne). Toute personne pourra être réorientée vers un service susceptible de répondre à ses besoins, si celui de l’association La Valise ne correspond pas à ses attentes, ou s’il a besoin d’être complété.
La spécificité de l’approche relationnelle est qu’elle met au centre la sécurité et les attentes des personnes participantes.
Vos questions? Nos réponses
Voici quelques questions, si vous voulez en savoir plus, contactez nous.
Nous contacterEst-il possible de participer à un processus de justice réparatrice sans raconter les violences subies ?
Oui. Une personne peut tout à fait être accompagnée sans devoir faire le récit des violences subies : aucun détail ne sera jamais exigé par le médiateur·trice. Il est simplement nécessaire de pouvoir identifier l’événement ou les événements problématiques auxquels la personne renvoie et se réfère.
Combien de temps dure l’accompagnement ?
Il n’y a pas de durée type pour l’accompagnement, cela dépend de la situation et des disponibilités des personnes accompagnées. Cette question peut être discutée et réévaluée tout au long du processus.
Quel type de formation ont les médiateurs et les médiatrices qui travaillent à La Valise ?
Les médiateurs et médiatrices de La Valise sont des professionnel·les formé·es à l’approche relationnelle. Chaque année, ils ont une obligation relative à la formation continue, et sont supervisé·es tout au long des accompagnements qu’ils mettent en œuvre.
Est-ce que je serai obligé·e de rencontrer l’autre personne en face-à-face ?
Non. Les dialogues mis en place entre les personnes, lorsqu’ils ont lieu, ne prennent pas nécessairement la forme d’un face-à-face, mais peuvent se faire par écrit ou en visioconférence par exemple. La rencontre physique n’est jamais imposée : l’accompagnement est sur-mesure, et les différentes modalités de dialogue sont explorées tout au long du processus.
Pourquoi “La valise”?
L’association porte le nom La Valise comme image de l’accompagnement qu’elle promeut. Une valise nous accompagne lors d’un voyage, c’est ce qui nous appartient personnellement quand nous sommes loin de chez nous et de nos repères. Nous la remplissons de ce dont nous avons besoin et envie. La valise peut être ouverte ou fermée, même à clef. Nous pouvons la remplir ou la vider, changer son contenu quand bon nous semble. La valise c’est ce qu’on est capable de porter, on peut aussi y rajouter des roulettes. Elle protège nos affaires, celles que nous avons choisies, et nous permet d’avoir toujours près de nous, même dans l’inattendu, ce qui nous est essentiel.
Est-ce que ce que vous proposez existe ailleurs ?
Oui. Il existe plusieurs formes d’accompagnement en justice réparatrice. Celle dont on s’inspire le plus est le service de médiation spécialisée proposé par Equijustice au Québec. En France, des initiatives sont portées notamment par l’Institut Français pour la Justice Restaurative et par l’ARCA. Il existe également des expériences portées par des collectifs militants.